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Exemple de réflexions écrites suite à des entretiens sur la gestion Par Adrien Payette , conseiller en gestion
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1. Les dangers de l'attitude " problem-solving " Je ne reprends pas ce que nous nous sommes dit à ce sujet, mais je crois en effet qu'il s'agit d'un sujet fondamental. Le vieux Drucker (un des premiers penseurs en management) ne cesse de répéter qu'il faut se centrer sur les FORCES, sur les compétences, sur ce qui est prometteur. La théorie du champ de forces (Pour en savoir plus, consultez l'annexe 2 de mon livre sur L'efficacité) nous fait voir que l'on peut produire des changements majeurs, non pas en cherchant à résoudre des problèmes, mais en renforçant sérieusement, systématiquement, les forces positives dans un système donné (ici, pas plus qu'ailleurs, pas de pensée naïve). De même, la lecture " systémique " des situations nous fait voir qu'en agissant sur un facteur stratégique, quelquefois microscopique, on peut modifier l'équilibre de vastes systèmes (Pour en savoir plus, voyez l'annexe 1 même livre). |
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2.Distinguer l'essentiel de l'accessoire : savoir dire NON. Nous avons commencé la rencontre par un tour de " table " pour permettre à chacun de définir sa situation actuelle de gestion. Le mot qui résume l'ensemble des réponses peut être : tourbillon. Si vous multipliez le nombre des changements par leur vitesse et par leur origine, vous obtenez l'image d'un tourbillon qui traverse de part en part l'organisation et la " bardasse " dans tous les sens. On peut utiliser cette image comme le symbole du diagnostic de la situation vécue actuellement par les cadres du groupe. La réponse que les sciences de la gestion peuvent fournir à un tel diagnostic est celle de la plus synthétique définition de la gestion : gérer c'est distinguer l'essentiel de l'accessoire (tout le temps, à tous les jours, dans chaque dossier, avec chaque personne, avec chaque groupe...). Cette définition de quelques mots seulement renvoie de fait à une discipline très exigeante qui fait appel autant aux compétences intellectuelles qu'aux compétences affectives-valorielles et " d'action " (encore une fois, le triangle : la tête, le coeur, l'action). On peut dire qu'un des corollaires de cette définition, c'est la capacité de dire NON. Dire non à ce qui n'est pas essentiel, à l'accessoire. Facile à dire ! Comment distinguer l'essentiel de l'accessoire ? En revenant à la raison d'être même de l'organisation : POUR QUI EXISTE CETTE ORGANISATION (ou ce service) ? Pour la clientèle. " La boussole qui permet de retrouver le cap en toutes circonstances : la clientèle du service ou de l'organisation elle-même. " Comprenons-nous bien. Il s'agit de dire non à ce qui n'est pas essentiel, à ce qui n'est pas relié aux services à la clientèle. Cela suppose dire OUI aux vraies priorités. C'est même pour pouvoir leur consacrer nos meilleurs talents qu'il faut dire non aux projets secondaires. Drucker dit : " S'ils [les gestionnaires] ne s'attachent pas à être efficaces, l'environnement les pousse à la futilité. (...) Les cadres sont contraints à des tâches subalternes s'ils n'interviennent pas pour modifier l'environnement dans lequel ils vivent et travaillent. (...) À moins qu'ils ne le modifient par une action délibérée, le flot des événements déterminera leurs soucis et leurs actions. (...) Faute d'effort particulier pour apprendre à être efficace, il [le cadre] est condamné à l'inefficacité. " (L'efficacité, objectif numéro 1 des cadres, 1974, pp.19-26) |
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3. Un premier " cube " d'idées Lorsque, dans un groupe, les participants échangent avec soin dans une perspective d'apprentissage, il se produit des phénomènes d'intelligence collective qu'il faut savoir cueillir. Ainsi, à partir d'un certain nombre d'interactions entre les participantes, est apparue une structure (gestalt) d'idées qui avait à peu près l'allure suivante :
Cela me rappelle
Quelques citations sur le courage, ça vous intéresse ? SICOTTE, Geneviève, SÉGUIN, Francine et LAPIERRE, Laurent. Roland Arpin et le Musée de la Civilisation. Presses de l'Université du Québec, 1993. p. 95-96 " Parmi les qualités essentielles que doit posséder un leader, il y a le courage. Le courage est une forme de compétence, une vertu qui est très rare. Je ne me l'attribue pas nécessairement en disant cela, même si j'essaie autant que possible d'agir de la sorte. Le courage consiste à dire exactement ce que l'on pense, et à le dire correctement, sans mensonge et sans forfanterie - pas à le dire dans un langage tel que les gens ne savent pas au juste ce qui a été dit. Cela demande parfois que l'on prenne des décisions qui peuvent être exigeantes et sévères. C'est de cette façon que l'on peut assainir une organisation et y installer un climat et des rapports de vérité. Cela suppose qu'on soit capable d'admettre ses erreurs, qu'on soit capable aussi de défendre des positions parfois impopulaires. C'est une attitude difficile à tenir, parce que comme tout le monde, le leader veut être aimé. Mais il ne saurait l'être à n'importe quel prix. " (les auteurs citent les propos de R. Arpin) Un coeur intelligent Le roi Salomon, réputé pour sa sagesse et auquel par ailleurs l'activité politique n'était pas étrangère, demandait à Dieu de lui accorder ce don éminent qu'est un " coeur intelligent ". Le " coeur intelligent " n'est pas sentimental, il ne se repose pas non plus sur la pure réflexion. Il n'est ni a-pathique ni pathétique. L'absence d'émotion ne fonde ni ne confirme la rationalité. Pour " réagir de façon raisonnable, il faut en premier lieu avoir été touché par l'émotion; et ce qui s'oppose à l'émotionnel, ce n'est en aucune façon le rationnel, quel que soit le sens du terme, mais bien l'insensibilité, qui est fréquemment un phénomène pathologique, ou encore la sentimentalité, qui représente une perversion du sentiment ". On ne saurait être plus clair : le " coeur intelligent " est aussi loin de l'affectivité qui submerge que de l'insensibilité qui empêche de penser. Ce texte est un arrangement d'un passage de l'article de REVAULT D'ALLONNES, Myriam. " Un coeur intelligent ", Magazine littéraire, n° 337, nov. 1995, p.22-24, (numéro consacré à Hannah Arendt). Revault D'Allones réfère à Hannah Arendt. " Compréhension et politique " in La nature du totalitarisme, éd. Payot, 1990 (sans donner la page), et à Hannah Arendt. " Sur la violence " in Du mensonge à la violence, éd. Calmann-Lévy, 1972, (sans donner la page). (Adrien Payette, mars 1998) Cet astre rouge " […] Zénon lui rappelait que les astres inclinent nos destinées, mais n'en décident pas, et qu'aussi fort, aussi mystérieux, réglant notre vie, obéissant à des lois plus compliquées que les nôtres, est cet astre rouge qui palpite dans la nuit du corps, suspendu dans sa cage d'os et de chair. " YOURCENAR, Marguerite (1968). L'oeuvre au Noir, Paris, Gallimard. |
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4. Doit-on désespérer ? Nos échanges nous ont amené à décrire à quel point les " troupes " sont à bout de souffle, comment les gestionnaires font tout ce qu'ils peuvent pour " survivre " dans un contexte où les ressources sont inadéquates, où la clientèle s'alourdit, où la rapidité est devenue un critère majeur, où les nouveaux personnels sont de moins en moins expérimentés, où les cadres sont même gênés d'en demander plus aux employés... Que faire devant un tel portrait ? Il ne semble y avoir que deux directions : ou l'on considère que la situation est complètement " bouchée " et qu'il n'y a rien à faire d'autre qu'à essayer de survivre et attendre que ça change; ou l'on considère que, malgré les contraintes importantes, il est possible de faire appel à l'intelligence de tous pour modifier nos façons de travailler. Dans cette deuxième perspective, nous avons travaillé sur l'objectif suivant : sortir de la rencontre d'aujourd'hui avec une idée, un outil, une méthode, une façon de faire... qui nous permettra de mieux travailler avec notre équipe, d'être efficace plus facilement comme chef de service, coach, animateur, gestionnaire formateur. Nous avons pu établir un début de liste :
Pour conclure, je vous propose de réfléchir à la proposition suivante : gérer des personnes, c'est en bonne partie les aider à faire leur travail et d'essayer cet exercice : Exercice sur les forces de vos collaborateurs Inspirés par ces trois citations, faites la liste de vos principaux collaborateurs et, pour chacun, identifiez sa ou ses principales forces (talents, compétences). Puis, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour favoriser, si possible par le travail lui-même (coaching, mandat spécial, nomination du groupe de travail, etc) le développement de ces talents. Marguerite Yourcenar. Les plus opaques des hommes ne sont pas sans lueurs… Notre grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède. Peter Drucker. Les cadres efficaces construisent sur du solide - leur propre force, celle de leurs supérieurs, de leurs collègues et de leurs subordonnés; sur celle de la situation, c'est-à-dire sur ce qu'ils peuvent faire. Ils ne s'appuient pas sur la faiblesse. Ils ne commencent pas par ce qu'ils ne peuvent accomplir. Stephen Brookfield. Vois-toi comme quelqu'un qui aide à produire. C'est peut-être la plus simple, mais la plus profonde des vérités. La raison fondamentale de gérer est d'aider les autres à produire. [...] Quand tu réfléchis à tes compétences de gestion, il y a une seule question fondamentale à te poser : est-ce que mes actions aident mes collaborateurs à faire leur travail En guise de dessert à ce repas encore une fois substantiel, je vous rappelle la fable du prisonnier et sa fiancée. Cette fable illustre parfaitement que, dans une situation donnée, un but peut nous être totalement inaccessible, mais qu'il y a peut-être plusieurs étapes intermédiaires - le scarabée, une goutte de miel sur les antennes de celui-ci, un long fil de soie, une fine cordelette, une solide corde - qui nous permettront de réaliser des choses " inimaginables " à première vue. |
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5. Les intervenants dans le développement des cadres. En suivant le fil des réflexions des participants, nous en sommes arrivés à la question centrale de notre entretien : " quelle(s) personne(s) ou quel (s) événement (s) vous a le plus aidé à apprendre votre métier de gestionnaire, vous a aidé à évoluer dans votre rôle, à consolider votre identité professionnelle, à devenir plus efficace...? " Les réponses nous ont fait faire le tour du schéma suivant: En effet, les uns après les autres, les participants soulignaient l'influence d'une supérieure hiérarchique, de collègues de travail, des nombreuses formations offertes par l'institution (qui favorisent, chacune à sa façon, un moment d'arrêt et de réflexion), de " mes " employés mêmes (" ce sont eux qui de ce temps-là m'apprennent et m'apportent beaucoup "), de mon conjoint (" avec qui je partage beaucoup mes réflexions sur mon travail "), de pairs à l'interne ou à l'externe (on pourrait ajouter à cette liste : clients, fournisseurs, concurrents, mentor, coach, ami et d'autres encore) et, finalement, de la culture favorable au développement qui règne dans notre institution. Un point essentiel de nos échanges : développer des cadres consiste à les aider à faire leur travail actuel. On peut organiser cette idée en un raisonnement en trois parties:
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L'auteur de cet article
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